Bulletin de veille Saint-Laurent, Volume 1, numéro 2- octobre 2013

 

Analyse

Projets de développement du tourisme fluvestre en Europe

L’intérêt pour les activités de loisirs à proximité des voies d’eau est de plus en plus présent de la part des passagers en escale, des plaisanciers, mais aussi des visiteurs et des résidents de la destination. À travers quelques exemples de développement et d’aménagement du tourisme fluvestre, les divers types de partenariats, de gouvernances et de financements seront examinés pour une meilleure compréhension de la mise en œuvre des projets.

Huit gouvernements des États-Unis et ceux du Québec et de l'Ontario ont pris des décisions pour mener des actions concrètes dans les domaines de la gestion de l'eau, du contrôle des espèces exotiques envahissantes, du transport maritime et du développement de l'espace économique de la région des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent.

Le concept du tourisme fluvestre

Des activitÉs qui relient le territoire aux voies d'eau

Pour de nombreuses destinations touristiques, les voies d’eau (fleuves, rivières, canaux) sont devenues un élément supplémentaire d’attractivité et un espace de pratique de loisirs nautiques et terrestres. En France, le tourisme fluvial regroupe deux types d’activités, soit la navigation fluviale et le tourisme fluvestre. Ce dernier rassemble les activités terrestres réalisées au bord des voies d’eau : loisirs nautiques, vélo, randonnée, événements festifs et culturels, visite de sites remarquables, découverte du patrimoine naturel par la contemplation, etc. Il relie le territoire à la voie d’eau et séduit aussi bien les visiteurs et résidents que les passagers en escale. Ainsi, les expériences touristiques vécues sur l’eau et sur les berges sont étroitement liées.

Les avantages du tourisme fluvestre

Le développement de l’offre fluvestre a pour effet d’encourager les passagers à s’arrêter en escale et à dépenser, mais aussi d’inciter les visiteurs à effectuer des activités sur l’eau. De plus, il permet aux destinations d’attirer de nouveaux segments de clientèle sur la rive et d’augmenter leurs dépenses, non seulement dans les ports, mais sur l’ensemble du territoire. Enfin, la destination a la possibilité de mieux gérer les flux de clientèles grâce à une plus grande dispersion de ses produits et services sur son territoire.

Quels sont les types de projets mis en place?

Dans le cadre du développement de ce type de tourisme, les berges sont aménagées, étendues et valorisées. Selon la firme de consultants Horwath HTL, les principales initiatives peuvent être catégorisées de la manière suivante :

Cependant, la gouvernance liée à ces projets pose souvent problème, en raison de la multiplicité des territoires traversés (plusieurs villes, régions et même pays). La mise en réseau de l’offre de tourisme fluvestre garantit le succès d’un développement concerté et cohérent. Les partenariats et la coopération entre les différents acteurs sont primordiaux.

Le développement d'une gouvernance intégrée au sein d'un réseau :

L’objectif et les stratÉgies

Logo Odyssea Logo Odyssea Lancé en 2007 par la Fédération Française des Ports de Plaisance, le modèle Odyssea est aujourd’hui un programme du Conseil de l’Europe en cours dans de nombreuses régions du continent. Il a pour objectif de créer un réseau de destinations portuaires européennes labellisées, le long d’itinéraires maritimes, fluviaux, lacustres et terre/mer dans une volonté d’amélioration de l’attractivité et de la compétitivité, de création de sources de revenus supplémentaires, de stimulation de l’innovation, de valorisation du patrimoine culturel et de protection de l’environnement.

Les avancÉes du projet

Concrètement, le programme Odyssea accompagnera les initiatives régionales et sous-régionales dans la réalisation d’infrastructures portuaires et touristiques. Entre 2012 et 2014, plus d’une centaine de projets vont être entrepris sur les rives sud et nord de la Méditerranée et de l’Europe.

De plus, une plateforme Web B2B permettra la commercialisation des produits et services touristiques des territoires pour les voyagistes, sur la scène tant locale qu’internationale. Le « Pass’Port Méditerranéen » à destination de la clientèle sera un guide numérique nautique, de navigation, de découverte ainsi que de mise en réseau des offres, des produits et des services des ports et des villes. Enfin, l’Atlas Odyssea, déjà en ligne, permet aux internautes de visualiser les villes adhérentes sur une carte (voir l’image ci-dessous).

Image stratégie voies fluvialesLe financement

Les territoires souhaitant se lancer dans le programme Odyssea ont la possibilité de profiter de divers fonds d’investissement publics, nationaux et européens. Certains pays de l’Union européenne peuvent financer entièrement les projets, grâce à des fonds publics, comme c’est le cas en Italie. D’autres limitent l’aide maximale à 80 % des dépenses admissibles.
En France, les initiateurs de ces projets peuvent bénéficier des fonds d’investissement pour la valorisation de patrimoines remarquables, des fonds consacrés à des partenariats public-privé pour la réalisation d’infrastructures majeures, des microcrédits pour des projets touristiques ou artisanaux de petite et de moyenne taille, etc.
Pour une destination portuaire, le défi est de réussir à positionner son initiative dans un cadre régional afin d’accéder à des fonds provenant des contrats de projet État-région, tout en sollicitant la participation financière des différentes collectivités territoriales.

Quelle gouvernance?

Afin que le programme Odyssea soit mis en œuvre, il a fallu créer un outil de gouvernance à l’échelle européenne : le Groupement Européen de Coopération (GEC) Odyssea. Cette innovation organisationnelle vise à réunir différents acteurs (collectivités, entreprises touristiques, filières professionnelles liées à la navigation, à l’agriculture, au patrimoine et à l’environnement, universités, etc.) à l’échelle la plus pertinente pour une destination touristique. Le GEC Odyssea souhaite constituer un Groupement européen d’intérêt économique (GEIE) afin d’accroître son activité économique et ainsi favoriser les partenariats public-privé.

Une gouvernance opÉrationnelle à l’Échelle du territoire

La ville portuaire s’engage dans le modèle Odyssea en accord avec la politique locale et régionale de son territoire. Par la suite, elle doit respecter la charte de développement territorial durable d’Odyssea. Elle reste responsable de son projet et bénéficie des fonds. D’autres acteurs peuvent ensuite se lier à la ville adhérente, que ce soit une commune, un site ou un prestataire touristique. Voici les différentes étapes avant la labellisation.

Graphique ville port

La coopération interrégionale transfrontalière : les exemples de ParcourSambre et de Lys sans Frontières

ParcourSambre, issue d’un partenariat entre des villes et une association

L’association Lys sans FrontiÈres

l=images Lys sans frontièresLys sans Frontières est une association à but non lucratif qui regroupe 70 communes françaises et belges de la vallée de la Lys. Elle a pour objectif d’accompagner les collectivités dans leurs projets de développement touristique et de loisirs, de fédérer les différents acteurs des deux pays ainsi que de promouvoir et de commercialiser les offres sur l’eau et à proximité des berges de la rivière.

Pour ce dernier projet, Lys sans Frontières a construit trois écogîtes (voir l’image ci-dessus) à proximité des haltes nautiques, des ports de plaisance et des itinéraires de randonnées pédestres et cyclistes situés le long des berges.

Les partenariats et la coopération entre différents acteurs constituent une solution efficace pour le financement et la gestion de ces projets, menés à l’échelle d’un territoire administré par plusieurs collectivités. D’autres facteurs contribuent à leur réussite, tels qu’une vision commune, un leadership de la part d’une des parties prenantes, une bonne planification et des produits innovants. Le Québec, qui a le potentiel de développer une plus large offre touristique au bord du fleuve Saint-Laurent, doit continuer de s’inspirer de ces exemples de bonnes pratiques.

Sources :
– Labescat, Gabrielle et Sarah Lejeune. « Enjeux et développement du tourisme fluvial », compte-rendu d’une journée technique organisée par Atout France et Voies navigables de France le 7 décembre 2010.
– Odyssea. « Le Livre Blanc – Définition du modèle ODYSSEA – Contribution pour un tourisme exemplaire, interactif, raisonné, éthique et compétitif », janvier 2012.
– Espaces. « Mise en tourisme des voies navigables », no 284, septembre 2010.
– Verges, Véronique. « Du tourisme fluvial à l’aventure fluvestre », Voies navigables de France, 6 décembre 2010.

Sites Web :
Lys sans Frontières
ParcourSambre
Portail Odyssea de la Méditerranée

Consultez l'ensemble des bulletins de veille sur le Saint-Laurent

Si vous voulez nous faire des commentaires ou des suggestions, vous pouvez nous écrire à: veille.st-laurent@tourisme.gouv.qc.ca

Pour modifier votre profil ou la sélection aux bulletins d'information publiés par Tourisme Québec, cliquez ici.

Toute personne intéressée peut s'abonner en cliquant ici.

en collaboration avec Réseau de veille en tourisme - Chaire de tourisme Transat ESG UQÀM

Tourisme Québec